Découvrez les colonnes, reliefs et chambres funéraires de Qizqapan près de Souleimaniye, sa datation débattue et les précautions indispensables pour y accéder.
Tombe rupestre de Qizqapan
Qizqapan est un monument funéraire creusé dans une falaise près de Zarzi, au nord-ouest de Souleimaniye, au Kurdistan irakien. Deux colonnes de pierre encadrent son entrée. Au-dessus de la porte, deux personnages portant un arc se font face de part et d'autre d'un autel. Derrière eux se trouvent trois chambres funéraires, creusées dans la montagne plutôt que construites en blocs.
Les reliefs en font l'un des sites archéologiques les plus caractéristiques de la région, mais une visite exige de bien comprendre les difficultés physiques du lieu. L'entrée se trouve en hauteur sur une paroi abrupte. Les comptes rendus publiés qui décrivent des échelles ou des escaliers témoignent de visites passées. Ils ne garantissent pas que l'accès soit sûr ou ouvert aujourd'hui. Rien ne prouve non plus que le site soit une tombe royale. Sa date exacte et l'identité des défunts restent inconnues.

Où se trouve Qizqapan ?
Dans un reportage illustré pour World History Encyclopedia, Osama Shukir Muhammed Amin situe Qizqapan près du village de Zarzi, dans la vallée de Chemi Rezan, à environ 65 kilomètres au nord-ouest de Souleimaniye, près des coordonnées 35°48'36.09"N, 45°0'23.35"E. Considérez cette distance comme un repère général, non comme un trajet routier ou un temps de parcours vérifié. Le site apparaît aussi sous les graphies Qyzqapan et Ashkawt-i Qizqapan. World History Encyclopedia
Les noms kurdes locaux le désignent comme une grotte, mais Qizqapan a été délibérément creusé dans la montagne. Le folklore local évoque une jeune fille enlevée et retenue près de la falaise. Ces récits relèvent toutefois de la tradition locale. Ils ne nous disent ni qui a commandé le monument ni qui y a été enterré.
Que regarder sur la façade ?
La façade imite une architecture indépendante, taillée directement dans la roche en place. Deux colonnes engagées encadrent l'entrée, chacune avec un fût lisse et un grand chapiteau à volutes. Au-dessus, la pierre forme des avancées qui ressemblent aux débords du toit d'un bâtiment en bois.
Le relief central se trouve juste au-dessus de la porte. Deux personnages debout tiennent des arcs et lèvent chacun une main vers un autel à degrés placé entre eux. Le sommet arrondi de l'autel pourrait représenter du feu, selon Amin. Les deux personnages portent des coiffes typiques de l'habillement mède. Cette tenue permet aux chercheurs des comparaisons avec les reliefs perses et mèdes d'autres sites. Toutefois, les styles vestimentaires ont persisté pendant des siècles et ne permettent pas une datation certaine.
Trois emblèmes ronds occupent la partie supérieure de la façade, au-dessus de la scène centrale. On distingue un disque solaire rayonnant, une figure humaine dans un croissant et une figure ailée. Leur signification religieuse et symbolique précise reste incertaine. Amin présente des théories concurrentes plutôt qu'une identification unique. Au lieu de chercher à associer chaque emblème à une divinité précise, mieux vaut voir dans ces sculptures un mélange de traditions régionales. Descriptions illustrées et photographies de détail

À l'intérieur des chambres funéraires
Une porte à peu près carrée mène du portique à la pièce centrale. Des passages latéraux conduisent à deux chambres attenantes. Chaque pièce contient une cuve funéraire rectangulaire creusée dans le sol rocheux, le long d'un mur ou dans un angle.
Amin relève des rebords de pierre surélevés qui supportaient autrefois des couvercles. Les cavités sont aujourd'hui vides et les couvercles ont disparu depuis longtemps. Il n'a trouvé ni inscriptions antiques ni reliefs sculptés dans les chambres. Son récit constitue un témoignage précieux sur leur disposition, mais lire une description de l'intérieur ne confirme pas que les voyageurs puissent y entrer aujourd'hui. World History Encyclopedia
L'absence d'inscription est importante. Sans nom gravé dans la roche, toute affirmation sur l'identité des personnes déposées dans ces cuves reste une hypothèse éclairée. Les chambres montrent comment les bâtisseurs de la région creusaient les tombes rupestres, mais ne livrent pas l'histoire personnelle des défunts.
Est-ce la tombe de Cyaxare ?
Présenter Qizqapan comme la tombe de Cyaxare relève d'une ancienne hypothèse, non d'un fait établi. Les guides, panneaux routiers et programmes de visites courants reprennent souvent ce nom. Pourtant, aucun élément archéologique ne relie le site au roi mède du VIIe siècle avant notre ère.
Le désaccord dépasse largement l'identité du défunt. Dans une étude publiée en 2021 dans la revue IRAQ, l'archéologue Iraj Rezaei examine des datations proposées pour les périodes mède, achéménide, séleucide et parthe. Son analyse souligne qu'aucune de ces propositions ne recueille l'adhésion d'une majorité de spécialistes.
Rezaei défend une datation au IVe siècle avant notre ère, pendant la transition entre la fin de la période achéménide et le début de la période séleucide. Il distingue clairement les motifs artistiques mèdes de l'Empire mède historique. Les styles artistiques et les vêtements traditionnels ont survécu pendant des siècles à la chute des Mèdes. Si Rezaei présente une interprétation convaincante, elle reste un point de vue scientifique parmi d'autres. Cambridge University Press, IRAQ
Pour les visiteurs, la conclusion est simple. Les vêtements de style mède et les motifs religieux iraniens sur la falaise ne prouvent pas qu'un roi antique y ait été enterré.
Approche et accès physique
L'entrée se situe à environ huit mètres au-dessus du fond de la vallée. Amin indique qu'une échelle de fer installée lors de précédents travaux de conservation a été remplacée vers 2012 par une double échelle plus grande. Son reportage, paru en 2018, ne peut garantir ni l'état, ni la stabilité, ni même la présence de cette échelle aujourd'hui. Historique publié de l'accès
Aucune vérification récente sur le terrain n'a confirmé, pour ce guide, l'état actuel des routes, les possibilités de stationnement ou la sécurité de l'échelle. Avant de partir de Souleimaniye, demandez à un guide local fiable de vérifier les conditions auprès de la direction des antiquités de Souleimaniye ou du personnel du musée. Vérifiez les points suivants :
- Quelle route d'approche est praticable, surtout après de fortes pluies.
- Si le site est ouvert aux voyageurs, si l'entrée est payante et si le personnel autorise la montée vers les chambres.
- Si l'échelle et les marches d'approche sont structurellement sûres et autorisées au public.
- Si la photographie, les trépieds ou les drones nécessitent des autorisations préalables.
- S'il y a du personnel, de l'ombre, de l'eau potable ou des toilettes sur place.
Partez du principe que le site ne possède aucun équipement. Emportez beaucoup d'eau potable, portez des chaussures solides à semelles adhérentes et réservez votre trajet de retour avant de quitter Souleimaniye.
Ce n'est ni une sortie familiale facile ni un site touristique accessible aux personnes à mobilité réduite. Atteindre la tombe exige de monter une haute échelle exposée, au-dessus d'un sol accidenté. Toute personne mal à l'aise avec la hauteur ou les appuis étroits devrait observer le monument depuis le bas. Ne montez jamais sur une échelle endommagée, rouillée ou condamnée. Ne tentez pas de gravir la paroi nue si l'échelle a été retirée. Depuis le pied de la falaise, la façade reste bien visible.

Visiter sans aggraver les dégradations
Amin a documenté des traces de peinture, des graffitis modernes et des impacts de balles sur la façade, ainsi que les travaux de conservation lancés en 2002 par la direction des antiquités de Souleimaniye. Les négligences passées ne justifient jamais de traiter la roche sans précaution. Compte rendu des travaux de conservation
Ne touchez pas la pierre. Ne suivez jamais les sculptures du doigt, ne mouillez pas les reliefs pour les photographier et n'appliquez pas de craie pour faire ressortir les détails. Éloignez sacs à dos et chaussures des parties sculptées. Si vous accédez à l'intérieur, ne vous tenez pas dans les cavités funéraires et ne déplacez pas les pierres détachées. Respectez les limites balisées, les panneaux d'avertissement et les consignes locales.
Pour examiner les détails architecturaux sans monter, rendez-vous au musée de Souleimaniye. Le musée a installé une réplique grandeur nature de la façade de Qizqapan, qui permet d'observer les colonnes, les chapiteaux et les personnages sculptés à hauteur des yeux. Vérifiez les horaires actuels et l'accès à la salle avant votre visite.
Questions fréquentes
Sources
- World History Encyclopedia. Osama Shukir Muhammed Amin, « Les tombes rupestres de Qizqapan, Kurdistan irakien : mèdes ou achéménides ? » Publié le 26 janvier 2018. https://www.worldhistory.org/article/1181/the-rock-cut-tombs-of-qizqapan-iraqi-kurdistan-med/ . Consulté le 24 octobre 2026.
- Cambridge University Press, IRAQ, volume 83. Iraj Rezaei, « Qizqapan : une tombe rupestre de la période mède, achéménide, séleucide ou parthe ? » Publié en ligne le 20 août 2021. Résumé public consulté. https://www.cambridge.org/core/journals/iraq/article/abs/qizqapan-a-rockcut-tomb-from-the-median-achaemenid-seleucid-or-parthian-period/E88AC31555D04C8A6D6481461AC073E8 . Consulté le 24 octobre 2026.
❓Frequently Asked Questions
Here are answers to frequently asked questions about the content above
La tombe est creusée dans une falaise près du village de Zarzi, dans la vallée de Chemi Rezan, au nord-ouest de Souleimaniye, au Kurdistan irakien. Les récits publiés la situent à environ 65 kilomètres de la ville, mais ce chiffre est un repère général et non une distance routière vérifiée.
Aucun élément ne confirme cette attribution. La tombe ne contient aucune inscription nommant Cyaxare ou un autre souverain. Bien que les récits populaires et les guides reprennent souvent ce nom, les archéologues considèrent ce lien comme non démontré.
La datation fait débat, avec des propositions couvrant les périodes mède, achéménide, séleucide et parthe. Une étude publiée en 2021 par Iraj Rezaei défend le IVe siècle avant notre ère, à la fin de la période achéménide ou au début de la période séleucide, mais les spécialistes ne sont pas parvenus à un consensus.
La façade de la falaise comprend deux colonnes taillées dans le roc, un relief montrant deux personnages portant des arcs près d'un autel et trois emblèmes dans la partie supérieure. Derrière l'entrée se trouvent trois chambres reliées, avec des cuves funéraires creusées dans le sol rocheux.
Non. L'entrée se situe à environ huit mètres de hauteur dans la falaise et nécessitait autrefois de monter une échelle extérieure. Le site ne possède ni chemins aménagés ni barrières de sécurité. Il ne convient donc pas aux poussettes, aux fauteuils roulants ou aux personnes mal à l'aise avec la hauteur.
Avant de partir, renseignez-vous auprès d'un guide local ou des responsables des antiquités de Souleimaniye sur l'état des routes, l'accès au site et la sécurité de l'échelle. Confirmez aussi les règles de photographie et partez du principe qu'il n'y a ni toilettes, ni eau potable, ni ombre.